5 bonnes raisons de regarder « Chef’s table » sur Netflix

Il y a quelques mois, ma copine Virginie a eu la gentillesse de m’offrir un abonnement à Netflix. Grâce à elle j’ai découvert et dévoré les séries cultes du moment comme Orange is the new black et Better call Saul.

Mais s’il y a une série qui mérite toute votre attention, c’est « Chef’s table » de David Gelb.

chefstable_netflix

Il ne s’agit pas d’une série pour monomaniacs de la bouffe dans mon genre, ni d’une fiction a l’eau de rose où un jeune chef intrépide et bogoss tomberait amoureux de sa jolie et revêche concurrente. Alors, pourquoi regarder cette mini-série documentaire en 6 épisodes ?

1- Parce que tous les ingrédients sont réunis pour vous attraper dès la première minute.

Ça commence par un drame. Un terrible tremblement de terre à Modène. Puis, il y a des larmes, de la sueur, du mérite, du travail, toujours, du génie aussi, souvent, de l’amour, du terroir, de la gourmandise, de la joie, de la beauté, du lyrisme, bref tout pour vous tenir en haleine pendant 6 x 45 minutes.

Et je ne vous parle pas du montage, de la lumière, ou de la bande-son qui mettent cette série au rang des grands films qu’on pourrait voir au cinéma. C’est beau, je ne peux vous dire que cela.

2- Parce que c’est un hommage vibrant à un métier magnifique

C’est un hommage à ces hommes et à ces femmes qui font la grande, non, la belle cuisine d’aujourd’hui. Il s’agit ici de chefs étoilés, faisant tous partie des 50 meilleurs restaurants du monde. On joue dans la cour des grands, alors forcément, tout est plus grand : l’ambition, l’exigence, le travail, et évidemment, le résultat. Les plats sont magnifiés par les images. C’est si beau qu’on n’oserait à peine y toucher en vrai.

C’est aussi un hommage à ceux qui les accompagnent : compagnes, collaborateurs, ou producteurs et éleveurs. L’envers du décor vous est dévoilé sans ambages, et ce que vous croyez savoir est très en dessous de ce que vous allez découvrir.

3- Parce qu’on en ressort motivé à mort

Ce sont des artistes. Avec leurs convictions, leur histoire, leur parcours. Ce qui est frappant c’est l’unité de leur discours. Tous, qu’ils soient suédois, italien ou argentin, ont en commun l’amour du travail bien fait, un souvenir gustatif de l’enfance lié a leur vocation, et…la rage. Celle qui vous pousse à trouver votre propre voix hors du sillon de vos mentors, celle qui vous oblige à être meilleur, et à prouver qu’après un échec on peut réussir. Car ils ont tous échoué à un moment de leur parcours, c’est étonnant et rassurant à la fois. Ces chefs ne sont pas des superhéros modernes ou des artisans de l’extrême à qui tout sourit. Derrière le panache et la reconnaissance, il n’y a que le travail, le travail, le travail et la constante remise en question de son savoir-faire et même pour certains, de son savoir-être.

Je crois beaucoup en l’exemplarité, en politique, en famille ou au travail. Ici, leur exemple est tout simplement implacable. La force et la volonté qui se dégagent de ces hommes et de ces femmes forcent l’admiration.

4- Parce que c’est le réalisateur de « Jiro dreams of sushi » qui est derrière cette série

David Gelb avait déjà « commis » le documentaire « Jiro dreams of sushi », le portrait d’un maître sushi tokyoïte octogénaire (que je ne saurais trop vous recommander aussi tellement c’est bien). La gourmandise, l’affection et le respect pour son sujet étaient déjà perceptibles, mais ici on ressent toute la passion et la curiosité envers ces 6 chefs.

Il y a une vraie démarche d’auteur dans cette série, c’est ce qui fait toute la différence entre un Envoyé Spécial et un documentaire de cette qualité. Il a choisi des personnages à la personnalité très affirmée, et tous différents dans leur manière d’être. Un fougueux, un torturé, un ambitieux… Il les filme avec de l’estime et de l’admiration. C’est exactement ce que j’ai ressenti.

5- Parce que c’est une invitation à partir en road trip gastronomique

Cette série m’a ouvert l’esprit, après 1 an de formation en cuisine où il a fallu me contraindre à réaliser des « carrés de porc façon Choisy » ou des génoises montées à la main… Cette série ouvre plein d’horizons, c’est un véritable appel d’air, un pamphlet contre l’habitude, un manifeste pour la créativité… Une invitation à manger et à partager, à redécouvrir son terroir, à parcourir le monde à la recherche de la sensation gustative ultime (un peu comme Patrick Swayze cherchant la vague dans Point Break. Pardon. Ceux qui savent, savent). On n’a qu’une envie, prendre un billet open et aller manger chez chacun de ces magiciens.

On se demande d’ailleurs pourquoi il n’y a pas un français parmi eux, vu que la plupart sont passés par la France au cours de leur formation ou de leur carrière. C’est sans doute parce que la France n’a plus la même intensité créatrice, la même ambition ni la même ouverture d’esprit que ces chefs internationaux, en tous les cas, aux yeux du reste du monde. Se remettre en question, sans cesse, c’est un peu ce que la cuisine française aurait oublié. Il faudrait diffuser cette série aux élèves cuisiniers. Pour qu’ils apprennent que faire ses gammes c’est essentiel, mais trouver sa voix, c’est encore mieux.

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Chef’s table, sur Netflix, une série de David Gelb, avec Massimo Bottura (Italie), Dan Barber (Etats-Unis, New-York), Francis Mallmann (Argentine), Niki Nakayama (Etats-Unis, Los Angeles), Ben Shewry (Australie) et Magnus Nilsson (Suède).

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