1 jour 1 chef : je l’ai fait !

« t’as vu la boutique à côté de chez Martine, elle est libre !? », « et le vieux bar du coin, tu t’es renseignée ? », « hé, j’ai plein d’idées pour ton prochain resto ! ». Ma copine Steph aimerait bien me voir ouvrir une gargotte dans le quartier (enfin, plus exactement un bar bobo avec briques apparentes et banc fleuri sur le trottoir). J’avoue que l’idée m’a effleurée et puis le principe de réalité m’a bousculée. Voire percutée, en ce lundi 5 novembre.

J’ai en effet tenté l’expérience une journée, grâce à l’excellent concept d’1 jour 1 chef.

1 jour 1 chef permet à n’importe quel amateur, le temps de 2 services, midi et soir, de se mettre dans la peau d’un chef. Vrai piano, vrais commis et second, vrais clients, vrai coup de feu. Avec plan B sur le poisson, serveurs débutants s’il en faut, machine à transmettre les commandes qui rend l’âme, et commis qui se casse le poignet au début du 1er service. Non non non, jusqu’ici tout va bien !… C’est juste la vie d’un restaurant en vrai !

Il y a 1 mois, j’ai proposé un menu autour de l’agrume qui a plu à l’équipe, qui a accepté de me laisser jouer au chef. Au menu du lundi 5 novembre, donc :

1jour1chef menu
Le menu. Voilà voilà !

Jour J, 9h : j’arrive au restaurant. Pauline m’accueille avec un café et des instructions rapides. On a du taf ! La prise en main est immédiate. La chambre froide elle est là, les feux c’est ça, le four il marche comme ça, j’opine du chef (haha) et essaie de ne pas en rater une miette (haha bis).

Je me lance dans les sauces, casseroles trop petites (ou portions trop grandes ;o)), feux pas faciles à maîtriser, machine à presser les agrumes qui griffe les doigts. Ca commence bien ! D’autant que je suis un peu tendue. Le trouillomètre s’est affolé la veille, j’en ai même rêvé que j’oubliais d’y aller. Bon allez, on se détend avec du décorticage de gambas et l’effeuillage de cerfeuil pour la salade d’herbes, hein ! Le temps passe vite, on taille les magrets, on les saisit, on blanchit les carottes, on teste le dressage et l’assaisonnement avec l’équipe.

12H30 : les premiers clients arrivent, le midi les gens sont pressés, il faut aller vite, cuire les magrets selon la cuisson désirée (et oui, même à point…), dresser les entrées et parfois les desserts en même temps car le timing est différent selon les tables.

1jour1chef_carpaccio

1jour1chef_magretcarottes

15h : les derniers clients s’en vont, le bilan est plutôt bon : 37 couverts le midi, un lundi de vacances, c’est bien. Pour ma part ni coupure ni brûlure ! On souffle, on déjeune tous ensemble, on revoit les plannings, on fait enfin connaissance.

J’habite trop loin pour rentrer avant le service du soir, alors je reste pour aider à la seconde mise en place : re-carottes, re-saint-jacques, papotage et petite sieste sur un coin de canapé.

19h30 : nouveaux clients, ceux du soir sont plus détendus, ils ont du temps et ce sont tous des amis. Nous ne sommes que 2 eu lieu de 3 le soir, mais ça va, on est rôdé 🙂
J’ai le temps de passer voir tout le monde entre deux plats, je suis déjà rincée mais j’ai la patate (douce). Mon prof Jean-Luc qui m’a fait l’honneur de venir, me coince avec ses questions (« mais pourquoi une viande rouge avec une sauce blanche ? » / « Pourquoi pas ? ») et me prodigue ses conseils toujours bienveillants et avisés.

Minuit : après un morceau de Saint-Nectaire divin grignoté vite fait, je rend mon tablier. Je passerai les 24h suivantes à me remettre de courbatures sur des muscles dont je ne soupçonnais pas l’existence…

Le bilan : être chef de cuisine, c’est un métier qui demande passion, énergie, ténacité, courage et une forme olympique. Je pourrai ajouter de l’improvisation, de l’organisation, et de la bonne humeur !

Je ne saurais trop vous recommander de tenter vous aussi l’expérience : mettre la théorie à l’épreuve du réel, il n’y a rien de tel pour concrétiser une formation, une passion, une envie. Pour profiter à fond de l’expérience, quelques conseils d’amie :

  1. Accepter que les choses vous échappent un peu : on est plusieurs, il faut partager, déléguer, il faut donc accepter que certaines choses ne soient pas faites comme vous l’auriez fait.
  2. Faire les choses pour 6 ce n’est pas pareil que pour 60… Cela va sans dire mais ça va mieux en le disant, hein ? La quantité ne doit en rien effacer la qualité, pas facile à gérer quand on multiplie par 10 ses quantités habituelles.
  3. Garder le sourire, même quand ça coagule, même quand ça coule, même quand ça brûle !

Bref, j’ai fait 1 jour 1 chef ! Un grand merci à Olivier, Eric, Pauline, Aranza, Mathis, Florian, Ali et à tous ceux qui sont venus déjeuner et dîner ce jour-là, collègues, amis, famille. Je ne sais pas si j’ouvrirai ma gargotte un jour, en tous les cas, je serai prête !

chef vim
dernier conseil : faire fi de sa coquetterie quand on a une charlotte sur la tête
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